Si jeunesse savait et vieillesse pouvait … Bonne fête des pères !

Dernièrement, nous avons vu les générations s’affronter dans les médias. Techniquement, je devrais être de la génération des milléniaux. Lorsque j’ai fait le test Idéolab, je suis une X. Lorsque je lis la définition, je ne m’y reconnais pas non plus…

En fait, je crois que je suis la génération désenchantée. Mon vécu m’a désillusionnée, tellement la réalité a frappé fort !

J’aurais dû écouter mon père …

J’ai longtemps eu une relation orageuse avec mon papa. Je le trouvais pessimiste. En fait, j’ignorais que ça venait de son vécu.

Il travaillait beaucoup, je ne comprenais pas pourquoi il ne passait pas davantage de temps avec nous. Être concessionnaire automobile, c’était son rêve d’enfant. Je pensais qu’il faisait passer ses ambitions avant ma sœur, ma mère et moi. Je n’avais rien compris.

Chacun son histoire

C’est une belle histoire qui est la sienne. Un soir, il s’est chicané avec son père, il a claqué la porte et il est parti avec 50$ en poche. Il avait à peine 17 ans.
À l’époque, il ne fallait pas de diplôme, pour obtenir un emploi. Pour réaliser son rêve, il a conduit une remorque pendant des années, en plein jour comme la nuit. Il a été un jeune vendeur et ensuite directeur des ventes. Il était vaillant, il n’a jamais compté ses heures. À 30 ans, il l’a eu, sa concession automobile. Il a ainsi prouvé à son père qu’il pouvait réussir par lui-même.

L’histoire se répète

La relation que j’ai avec mon père n’est pas la même que celle qu’il a eu lui avec son propre paternel, mais presque. On ne se parlait tout simplement pas. Du moins, on se parlait en surface. La politique était l’un des sujets sur lequel j’aimais débattre avec lui. Bien sûr, nous étions rarement d’accord. J’étais jeune et naïve, lui en avait vu d’autres.

Et il y a eu Ariane.

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Dis-moi que tu m’aimes

Hier, je discutais avec une amie enseignante qui, depuis plusieurs années, travaille auprès des enfants autistes. Elle me questionnait pour savoir si, dans les premières années suivant le diagnostic de ma fille, j’avais eu des inquiétudes par rapport au fait qu’elle parlerait un jour, ou pas.

Lorsque ce sujet est abordé, elle sent régulièrement la fragilité, l’émotion se manifester chez les parents de ses petits étudiants. Elle souhaitait savoir comment je l’avais vécu. Et comment je le vis maintenant.

Un constat prévisible, mais qui fait mal.

Ma fille avait trois ans lorsque l’orthophoniste m’a annoncé que l’atteinte à la compréhension d’Ariane était sévère. Par conséquent, l’acquisition du langage serait difficile, voir peu probable. Cette annonce a été douloureuse à entendre, plus douloureuse que le diagnostic d’autisme.

Tout donner, sans attendre de « je t’aime » en retour.

Ma tête avait compris l’impact d’une atteinte de compréhension sévère sur nos échanges, mais c’est mon cœur de mère qui n’en revenait pas. Les jours qui ont suivis cette annonce furent particulièrement pénibles. Une pensée ne me quittait pas : je n’entendrais jamais ma fille me dire « je t’aime ».

Égoïste ? Pas vraiment…

Tout ce que je faisais ne me reviendrais jamais. Un « je t’aime », je le voyais comme ça. Une tape dans le dos, ma paie pour mes nuits d’insomnie passés à la consoler à cause de ses crises nocturnes. Ma dévotion pour qu’elle puisse acquérir divers apprentissages, ma récompense, elle ne viendrait pas.
Ce serait une relation du sens unique, me disais-je. Je devrais apprendre à donner sans attente. Le don de soi prendrait tout son sens, mais ma vision d’une relation mère-enfant perdait le sien. Je devrais me contenter, que ce que je donnais soit récompensé par de petits apprentissages. Mon amour, il se verrait sur chaque petit pas qu’elle ferait, mais je ne l’entendrais jamais.
Je craignais que mon lien avec ma fille ne soit pas plus grand qu’un « je donne, tu prends ».

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